10 rue de Mézières - 6e

Vie de Victor Hugo :

Victor Hugo vint habiter à cet endroit en janvier 1821 avec ses frères et sa mère, désireuse d'avoir un jardinet. Leur appartement loué par Abel Hugo se trouvait au rez-de-chaussée.

Madame Hugo y mourut le 27 juin suivant. Son mari, le général Hugo, dont elle était depuis longtemps séparée, se remaria avec la comtesse de Salcano, sa maîtresse depuis 18 ans.


Le domicile dans l'Œuvre de Victor Hugo :

Victor Hugo fait allusion au jardin du Luxembourg, proche de la rue de Mézières, dans Les Misérables :
"Depuis plus d'un an, Marius remarquait dans une allée déserte du Luxembourg, l'allée qui longe le parapet de la Pépinière, un homme et une toute jeune fille presque toujours assis côte à côte sur le même banc à l'extrémité la plus solitaire de l'allée, du côté de la rue de l'Ouest". (p. 150-151)

"Tous les jours Jean Valjean prenait le bras de Cosette et la menait promener. Il la conduisait au Luxembourg, dans l'allée la moins fréquentée, et tous les dimanches à la messe, toujours à Saint-Jacques-du-Haut-Pas, parce que c'était fort loin." (p. 192-193)

Le domicile, la rue, le quartier :

La rue de Mézières se situe dans le quartier de Saint-Germain des Prés. L’histoire de ce quartier remonte aux Mérovingiens. Une basilique servit de nécropole à la dynastie mérovingienne jusqu’à Dagobert. Le vocable de "Saint-Germain" semble s’imposer vers le IXe siècle.

En 990, sous l’influence de l’abbé Morard, un nouvel édifice religieux est érigé et autour de l’église, s’amorce la création d’un petit bourg, qui se développe au cours des siècles suivants. Les aménagements de la voirie exécutés au XIVe siècle ont fixé l’aspect général du bourg jusqu’au XVIIe siècle.

Pendant la Révolution française, après l’abolition des ordres monastiques, les religieux sont dispersés ou exécutés. Leur bibliothèque, confisquée, se composait alors de 50 000 volumes et de 7000 manuscrits dont celui des Pensées de Pascal.

De cet imposant monastère, dévasté sous la Révolution et en grande partie détruit lors du percement de la rue de l’Abbaye en 1800, seuls demeurent l’église et le palais abbatial, probablement grâce à l’active campagne de sauvegarde menée par Victor Hugo.

Actuellement, le quartier est plutôt de type commerçant avec de petites et grandes rues, mais la rue de Mézières reste une rue résidentielle.

Les immeubles, du XVIIe au XIXe, sont souvent en pierre de taille. Il y peu d’immeubles neufs mais les rez-de-chaussée sont très rénovés car il y a maintenant beaucoup de commerçants. Les rues sont très souvent étroites et courtes sauf, bien entendu, les grands axes comme le boulevard Saint-Germain.

La rue de Mézières existait en 1595 entre les rues du Pot-de-Fer (Bonaparte) et Cassette, et prit son nom actuel de l'hôtel de Mézières, devenu en 1610 le noviciat des Jésuites.

Elle a été prolongée en 1875 jusqu'à la rue de Rennes à travers l'emplacement du couvent de bénédictines du Saint-Sacrement (rue Cassette).

10 rue de Mézières en décembre 2001

Travail de Julien COHEN, Guillaume LAFOND.

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