Vie de Victor Hugo à Paris

Le capitaine Joseph Léopold Sigisbert Hugo a épousé civilement à Paris Sophie Trébuchet le 15 novembre 1797. Le troisième enfant du couple, Victor, naît à Besançon le 26 février 1802. Il n'est pas baptisé. Après des séjours à Marseille puis à Bastia, à partir du 20 mai 1803, la famille demeure à Porto-Ferrajo, dans l'île d'Elbe.

Sophie Hugo quitte l'Italie avec ses enfants pour la France et s'installe un temps rue Neuve-des Petits-Champs en février 1804.

Après un séjour en famille en Italie, la mère de Victor Hugo, Sophie, regagne Paris en février 1809 avec ses enfants. Elle loue d'abord 24 rue de Clichy puis, peu après, 250 rue Saint-Jacques.

Le 4 juin 1809, la famille s'installe 12 impasse des Feuillantines. C'est un vaste appartement au rez-de-chaussée d'une maison qui faisait autrefois partie d'un couvent. Il y avait un immense jardin qui avait été la propriété des religieuses. Souvent, les enfants d'un vieil ami de leur mère, Pierre Foucher, viennent jouer. Il y a plus particulièrement Adèle, qui, plus tard, va devenir l'épouse de Victor.

Mais, les parents de Victor Hugo ne s'entendent plus. Fin 1813, la mère de Victor abandonne les Feuillantines pour un logement plus modeste 2, rue des Vieilles-Tuileries, actuelle rue du Cherche-Midi. C'est le rez-de-chaussée d'un hôtel Louis-XV donnant sur un petit jardin.

En février 1815, Eugène et Victor Hugo s'installent à la pension Decotte et Cordier, 41 rue Sainte-Marguerite (actuellement rue Gozlin et rue de Rennes), sous la responsabilité de leur tante, la veuve Martin-Chopine. A partir d'octobre 1816, les deux frères étudient à Louis-le-Grand.

En septembre 1818, les enfants Hugo s'installent près de leur mère, rue des Petits-Augustins (rue Bonaparte), dans un appartement au troisième étage avec vue sur l'ancien jardin La Rochefoucauld.

C'est à cette époque que les Hugo fréquentent la famille Foucher. Victor passe des soirées auprès d'Adèle et lui déclare son amour. Peu après, il triomphe aux jeux floraux de Toulouse.

Victor Hugo vient ensuite habiter 10 rue de Mézières en janvier 1821 avec ses frères et sa mère, désireuse d'avoir un jardinet. Leur appartement loué par Abel Hugo se trouve au rez-de-chaussée. Madame Hugo y meurt le 27 juin suivant.

Avant de se marier, Victor Hugo habite 30 rue du Dragon, de mars 1822 à octobre 1822. Après son mariage avec Adèle Foucher, il s'installe chez ses beaux-parents, Hôtel de Toulouse, 39 (37) rue du Cherche-Midi, d'octobre 1822 au printemps 1824. Victor Hugo commence à gagner sa vie avec ses poésies et bénéficie de pensions de Louis XVIII : il devient un écrivain connu, célèbre, bien en cour.

En juin 1824, le couple déménage au 90 rue de Vaugirard. Il loge dans un entresol situé au-dessus d'un atelier de menuiserie. Le 28 août naît Léopoldine.

Victor Hugo habite de 1827 à 1830 au numéro 11 rue Notre-Dame-des-Champs, qui porte le numéro 27 à partir 1904. En 1828, naît son troisième fils, François-Victor.

Le 7 mai 1830, Victor Hugo, congédié par son propriétaire après la "bataille d'Hernani" dont le tapage avait compromis la paix de la rue Notre-Dame-des-Champs, s'installe avec Adèle au 9 rue Jean-Goujon. C'était alors le seul immeuble de la rue du côté des Champs-Elysées. L'appartement est au deuxième étage et une fenêtre donne sur des jardins, et l'on peut voir le dôme des Invalides. C'est là qu'il écrit en 1830 Notre-Dame de Paris, ne sortant pas de chez lui pendant six mois, car il s'est engagé par contrat, et son éditeur le menace d'importantes amendes par jour de retard.

Mais la demeure est isolée et la famille déménage en 1832 pour la place Royale afin de se rapprocher du centre. Victor Hugo habite avec les siens le deuxième étage de l'Hôtel Guémenée de 1832 à 1848 ; il est ainsi assez voisin de Juliette Drouet qui habite la rue Saint-Anastase. Il y compose la plupart de ses oeuvres : Marie Tudor, Ruy Blas, Les Burgraves,... A cette époque, il devient académicien, pair de France et député. Il marie sa fille Léopoldine à Charles Vacquerie : sept mois plus tard, le couple se noie à Villequier. Elu député de Paris en juin 1848, Victor Hugo prononce le 20 juin son premier discours sur la réforme des Ateliers nationaux. Le 25 juin, la maison de la place Royale est incendiée.

Victor Hugo fuit alors la place Royale pour s'installer pendant un mois, 5 rue d'Isly.

En mai 1849, Victor Hugo déménage au 37 devenu maintenant le 39 rue de la Tour-d'Auvergne. Dans ce quartier qui a alors le calme d’un faubourg, il occupe un appartement au premier étage, dans le coté droit d’un hôtel particulier de trois étages situé entre cour et jardin.

Lors des événements de décembre 1851, Victor Hugo quitte son domicile rue de la Tour-d'Auverne et va dormir rue Caumartin, 19 rue de Richelieu et rue de Navarin. Enfin, il prend un fiacre au Palais-Royal et se fait conduire à la gare du Nord : le 12 décembre au petit matin, il arrive à Bruxelles et s'installe dans un hôtel sous l'identité de Jacques-Firmin Lanvin, compositeur d'imprimerie. C'est l'exil.

Après la capitulation de Sedan et la chute du Second Empire, la IIIe République est proclamée le 4 septembre 1870. Victor Hugo peut alors rentrer de son exil et Paris lui réserve un accueil triomphal. Il s'installe chez son ami Paul Meurice au 5 avenue Frochot, puis reste dans le même quartier plusieurs années.

Ainsi, Victor Hugo vit à l'Hôtel Byron, rue Laffitte, moins d'un mois, de septembre à octobre 1871. Puis il emménage 66 rue de la Rochefoucauld en octobre 1871 et y demeure jusqu'en août 1872. Il repart alors à Guernesey.

Le 4 octobre 1873, il quitte la Villa Montmorency à Auteuil, pour le 55 rue Pigalle avec Juliette Drouet, qui y habite depuis octobre 1871. Victor Hugo n'habite qu'une année, de 1874 à 1875, au 21 rue de Clichy. Il s'est installé au quatrième étage de l'immeuble.

Enfin, le 9 novembre 1878, Victor Hugo s'installe au 130 avenue d'Eylau. Il est déjà très célèbre, aussi bien pour ses romans que pour ses poésies et ses actions politiques populaires. Le 27 février 1881, pour ses 80 ans, 6 000 personnes, ouvriers et écoliers, défilent sous ses fenêtres et l'acclament. L'avenue sera rebaptisée l'année même "Avenue Victor-Hugo" soit de son vivant, ce qui est très rare !

Le 22 mai 1885, l'auteur des Misérables s'éteint à l'âge de 84 ans. Les autorités décrètent des funérailles nationales. Une foule immense suit le "corbillard des pauvres" qu'il avait demandé ; après ce cortège émouvant, son corps est déposé au Panthéon. Les funérailles sont magnifiques, et l'Arc de Triomphe est voilé de noir.

Travail de Quentin LOPINOT.

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